« ʽÂ’ishah (qu'Allah l'agrée) a dit : « Il arrivait que le Messager d’Allah (sur lui la paix et le salut) délaisse une œuvre, alors qu’il aimait la pratiquer, de crainte que les gens ne la pratiquent à leur tour et qu’elle devienne obligatoire pour eux. Je n'ai jamais vu le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) faire la prière surérogatoire de la matinée, alors que moi, je l'accomplissais. » »
عن عائشة رضي الله عنها ، قالت: «إنْ كان رسول الله صلى الله عليه وسلم لَيَدَعُ العمل، وهو يُحِبُّ أن يعملَ به خَشْيَة أن يعملَ به الناس، فَيُفْرَضَ عليهم، وما سَبَّح رسول الله صلى الله عليه وسلم سُبْحَة الضُّحى قَطُّ وإنِّي لَأُسَبِّحُهَا».
Rapporté par Al-Bukhârî et Muslim
صحيح ✓
À retenir
Le Prophète ﷺ délaissait parfois des actes méritoires par miséricorde pour sa communauté, craignant qu'ils ne deviennent obligatoires
La prière de Doha (matinée) est recommandée mais non obligatoire, le Prophète ﷺ ne la faisait pas de manière constante
Un dirigeant ou enseignant peut délaisser certaines pratiques recommandées pour ne pas surcharger ceux qui le suivent
La facilité et la miséricorde sont des principes fondamentaux de l'Islam dans l'établissement des pratiques religieuses
Explication
ʽÂ’ishah (qu'Allah l'agrée) relate qu'il arrivait au Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) d'abandonner une pratique, alors qu'il aimait l'accomplir, de peur que les gens l'accomplissent, qu'elle ne leur soit ensuite imposée et qu'ils trouvent cela pénible ou qu'ils soient incapables de l'accomplir. Puis, elle mentionna qu'elle n'avait jamais vu le Prophète (sur lui la paix et le salut) faire la prière surérogatoire de la matinée (« ṣalâtu-ḍ-ḍuḥâ »). Les savants ont expliqué cette infirmation par la constance de cette pratique : c'est à dire que le Messager d'Allah (sur lui la paix et le salut) délaissait parfois l'accomplissement de la prière de la matinée car il craignait qu'elle ne devienne obligatoire envers sa communauté comme ʽÂ’ishah (qu'Allah l'agrée) l'a énoncé au début du hadith.