« ʽAbdullah ibn ʽAbbâs (qu'Allah l'agrée, lui et son père) relate au sujet de l’histoire de Barîrah (qu’Allah l’agréée) et de son mari que le Prophète (sur lui la paix et le salut) lui a dit : « Pourquoi ne reviens-tu pas avec lui ? - Ô Messager d’Allah, rétorqua Barîrah, est-ce un ordre de ta part ? - Je ne fais qu’intercéder, répondit le Prophète. - Dans ce cas, je n’ai que faire de lui. » »
عن ابن عباس رضي الله عنهما في قصة بريرة وزوجها، قال: قال لها النبي صلى الله عليه وسلم : «لو رَاجَعْتِهِ؟» قالت: يا رسول الله تأمرني؟ قال: «إنما أشْفَع» قالت: لا حاجة لي فيه.
Rapporté par Al-Bûkhârî
صحيح ✓
À retenir
L'affranchissement confère à l'esclave le droit de choisir librement son destin matrimonial sans contrainte
Le Prophète ﷺ recommande la clémence et la miséricorde envers celui qui souffre, même en intercédant pour lui
La recommandation du Prophète ﷺ n'est pas un ordre obligatoire et chacun conserve son libre arbitre dans les décisions personnelles
L'absence de sentiments amoureux est une raison valide pour ne pas poursuivre un mariage, même face à la pitié
Explication
Barîrah (qu’Allah l'agrée) travaillait comme esclave chez ʽÂ'ishah (qu’Allah l’agrée). Cette dernière l'acheta à ses maîtres puis l'affranchit. Barîrah était mariée à un autre esclave, Mughîth (qu’Allah l’agrée). Devenue libre, elle avait désormais le choix entre rester avec son époux ou bien le quitter ; elle choisit de le quitter. Cette décision brisa le pauvre homme qui aimait éperdument sa femme. Il la suivait dans les rues de Médine, la suppliant de revenir à lui, pleurant jusqu’à mouiller sa barbe. Pris de pitié pour ce malheureux, le Prophète (sur lui la paix et le salut) incita Barîrah à reconsidérer son choix, lui promettant une récompense si elle revenait vers son époux. Après s'être assurée que ce n'était pas un ordre mais uniquement une recommandation et une intercession, Barîrah objecta qu'elle n'avait ni l'intention ni le désir de revenir à son ancien mari.