- Date 2026 : mardi 25 août 2026 — 12 Rabi al-Awwal 1448, sous réserve de l’observation du croissant lunaire
- Rabi al-Awwal : 3e mois du calendrier hégirien, débute vers le 14 août 2026
- Ce que le Mawlid commémore : la naissance du Prophète Muhammad ﷺ à La Mecque, l’année de l’Éléphant (~570 apr. J.-C.)
- Sur sa célébration : les savants divergent depuis des siècles — ni consensus pour, ni consensus contre
- Ce qui fait consensus : multiplier les salawat, étudier la sira, faire l’aumône ce mois-ci
Quand tombe le Mawlid en 2026 ?
Le Mawlid an-Nabawi — la commémoration de la naissance du Prophète ﷺ — se situe le 12 Rabi al-Awwal, le troisième mois du calendrier hégirien. En 2026, Rabi al-Awwal 1448 débute autour du 14 août, ce qui place le 12e jour au mardi 25 août 2026.
Comme pour toute date hégirienne, le calendrier lunaire dépend de l’observation du croissant — la date peut varier d’un jour selon les pays et les autorités religieuses locales. En France, mieux vaut confirmer la date exacte auprès de la Grande Mosquée de Paris ou de l’UOIF à l’approche du mois.
Que commémore le Mawlid ?
Le Prophète Muhammad ﷺ est né à La Mecque, l’année dite « de l’Éléphant » — un repère chronologique bien connu dans la sira, autour de 570 de l’ère chrétienne. Il naît orphelin de père : Abdullah, son père, meurt avant sa naissance. Sa mère, Amina, le quittera elle aussi alors qu’il n’a que six ans.
C’est de cette naissance, et de tout ce qu’elle a porté pour l’humanité — la dernière révélation, la miséricorde envoyée aux mondes — que le mot « Mawlid » (المولد, « la naissance ») tire son sens. Rabi al-Awwal signifie littéralement « le premier printemps » — un nom qui, historiquement, correspondait à la saison où ce mois tombait il y a des siècles, avant que le calendrier lunaire ne le fasse tourner à travers toutes les saisons.
En France et au Maghreb, on l’appelle souvent le Mouloud — c’est simplement une autre façon de dire la même chose, « naissance » en arabe dialectal maghrébin. Mawlid et Mouloud désignent exactement le même événement.
Le hadith du lundi — pourquoi cette date compte
Il existe un hadith authentique qui relie directement le jour de la naissance du Prophète ﷺ à une pratique qu’il a lui-même observée. Interrogé sur le jeûne du lundi, il répondit que c’était le jour de sa naissance et celui où la révélation lui fut envoyée.
« Ma naissance a eu lieu ce jour, et c’est aussi le jour où j’ai reçu la révélation. »
— Rapporté par Muslim, d’après Abou Qatada al-Ansari, radhiallahu ‘anhu
C’est ce hadith qui sert de base à une pratique largement répandue et non-controversée : jeûner le lundi en reconnaissance de ce jour, tout au long de l’année — pas seulement le 12 Rabi al-Awwal. C’est aussi l’occasion de se rappeler l’histoire de l’Isra et du Mi’raj, autre événement majeur de la sira du Prophète ﷺ, à l’origine des 5 prières quotidiennes.
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Faut-il fêter le Mawlid ? Un débat vieux de plusieurs siècles
C’est la question que beaucoup se posent, et il faut être honnête : il n’y a pas de position unique sur ce sujet, ni chez les savants classiques, ni chez les savants contemporains. Le Prophète ﷺ n’a pas institué de célébration annuelle de sa propre naissance, et ses Compagnons ne l’ont pas fait non plus de son vivant ni juste après. La pratique est apparue plusieurs siècles après lui.
Les avis qui autorisent
Une part importante de savants classiques — dont l’imam Abu Shama, maître de l’imam an-Nawawi, ou encore Ibn Hajar al-Haytami — ont classé la commémoration du Mawlid comme une bid’a hasana, une « innovation louable » : quelque chose qui n’existait pas du temps du Prophète ﷺ mais qui ne contredit aucun principe de la religion, et qui rapproche du bien. Leur argument central : si le contenu de la célébration se limite à la sira, aux salawat, à l’aumône et au rappel de la miséricorde envoyée à travers le Prophète ﷺ, rien n’interdit cela. Des institutions comme Al-Azhar ont historiquement penché vers cette permission.
Les avis qui déconseillent
D’autres savants, notamment dans la tradition hanbalite et parmi les savants contemporains d’Arabie Saoudite, s’appuient sur un principe différent : toute innovation dans le culte est déconseillée par précaution, même si son contenu semble bon, parce que le Prophète ﷺ et ses Compagnons — les mieux placés pour honorer sa mémoire — ne l’ont pas instituée sous cette forme précise. Le hadith souvent cité dans ce sens est celui qui met en garde contre les « affaires nouvellement introduites » dans la religion.
Cet article présente les deux positions honnêtement — il ne tranche pas à ta place. C’est un sujet de divergence légitime entre savants dignes de confiance, pas une question réglée. Si tu veux une position ferme pour ta pratique personnelle, consulte un imam de confiance ou vérifie sur islamqa.info.
Les traditions observées selon les régions
Indépendamment du débat religieux, plusieurs pratiques culturelles se sont développées autour de ce mois dans différents pays musulmans : mosquées et maisons illuminées, veillées où l’on récite des poèmes de louange au Prophète ﷺ (le madih), rassemblements familiaux autour de la sira. Ce sont des traditions locales et culturelles — leur statut suit le même débat exposé plus haut, elles ne sont ni prescrites ni interdites de façon tranchée.
Ce qui fait consensus, quelle que soit ta position
Indépendamment du débat sur la forme de la célébration, il y a des choses que tous les avis encouragent pendant ce mois — parce qu’elles sont recommandées toute l’année, pas seulement le 12 Rabi al-Awwal :
- Multiplier les salawat sur le Prophète ﷺ — Allah l’a ordonné aux croyants dans le Coran, en particulier le vendredi, jour où elles lui sont rapportées
- Étudier sa sira — sa vie, ses combats, sa miséricorde — pour raviver l’amour qu’on lui porte
- Faire l’aumône, en mémoire de sa générosité légendaire
- Raconter sa vie aux enfants — une façon simple et sans controverse de transmettre l’amour du Prophète ﷺ à la génération suivante
Beaucoup de familles choisissent de marquer ce mois sans rituel figé : un repas en famille où l’on relit un passage de la sira, un effort particulier sur les salawat, un don à une cause qui leur tient à cœur. Rien de tout cela ne fait débat.
Rabi al-Awwal dans le calendrier islamique
Rabi al-Awwal arrive après Muharram, premier mois de l’année hégirienne et son jour d’Achoura. C’est aussi dans ce mois que le Prophète ﷺ, après la Hijra, posa les fondations de la première mosquée à Médine, à Quba — la ville qui allait devenir le cœur de la communauté naissante.
Se replonger dans cette période de la sira, c’est aussi se reconnecter à ce qui pousse tant de croyants à vouloir, un jour, fouler les lieux où tout cela s’est joué — La Mecque, puis Médine.